Comment définir les comportements connectés ?

Qu’est-ce que la déconnexion ? Le moment où nous éteignons notre ordinateur ? Que nous retirons le câble ou que nous coupons le signal nous reliant aux réseaux de l’information ? Ou est-ce la réaction à certains usages et comportements enfouis dans nos habitudes ?

Pour mieux comprendre, nous allons dans un premier temps nous attarder sur une somme de phénomènes liés à ces comportements déconnectés.

Sommaire

  1. Initiation à la déconnexion volontaire
    1. Être déconnecté, ce n’est pas être non-connecté
    2. Une caractérisation des comportements déconnectés
  2. Pourquoi la déconnexion ?
    1. Fear of missing out
    2. JOMO et fétichisme de l’IRL
    3. La déconnexion, révélatrice d’une dualité entre vie réelle et vie virtuelle ?
    4. L’infobésité comme source de déconnexion ?
  3. Bilbiographie

Initiation à la déconnexion volontaire

Être déconnecté, ce n’est pas être non-connecté

Il est dans un premier temps nécessaire de différencier les non-connectés des déconnectés volontaires.

En 2014, selon le rapport annuel du CREDOC, les non-connectés représentent 18% de la population française âgée de 12 ans et plus[1]. Différents facteurs caractérisent ces non-connectés. D’une part par un âge avancé : 20% d’entre eux ont entre 60 et 69 ans et 58% sont âgés de 70 et plus. Leur revenus sont également relativement bas : 44% des non-connectés vivent dans un foyer dont le revenu mensuel est inférieur à 1500€, le ratio s’établissant autour de 22% pour l’ensemble de la population.

L’étude Unppluged[2], présentée par Havas Media France en 2012, permet cependant de pondérer ces données. Cette étude révèle ainsi des comportements de déconnexions et de non-connexion caractérisés en 4 catégories :

  • Les minitélistes : représentant 4% de la population, il s’agit principalement de personnes retraitées ou peu en phase avec la technologie. Celle-ci serait difficile à appréhender et ne les intéresse pas.
  • Les exclus : ils représentent 3,8% de la population et subissent la non-connexion en raison de faibles revenus. Leurs limites viennent principalement d’un manque d’équipement, notamment en ordinateurs.
  • Les flippés : ils représentent 7,1% de la population et rejettent les usages des réseaux de l’information pour des raisons de vie privée, de rejet de l’intrusion des marques dans leur espace numérique ou du manque de protection des données personnelles sur Internet.
  • Enfin, les déconnectés 2.0 : ils représenteraient 3,4% de la population, ils retranscrivent à travers leur déconnexion une volonté de ne pas se sentir dépendants de la technologie.

Si les non-connectés représentent donc une minorité de la population, ils restent clairement identifiables et manifestent cette non-connexion principalement par des critères générationnels et économiques, mais aussi un refus pur et simple de ne pas être connectés.

Or, les déconnectés volontaires manifestent cette déconnexion par des critères comportementaux, liés à leurs usages des technologies de l’information. Il ne s’agit non pas là d’une limite liée à l’accès aux réseaux de communication, mais plus d’une réaction critique vis-à-vis de ces usages. Leur comportement se distingue donc d’une attitude liée à la fracture numérique.

Cette approche a notamment pu être adoptée au cours de l’étude DEVOTIC[3], coordonnée par Francis Jauréguiberry. Dans le résumé de leur rapport final de recherche, remis à l’Agence Nationale de la Recherche, les chercheurs ont défini le périmètre de leur étude aux individus manifestant un usage intensif des technologies de l’information. Un périmètre d’usages aux antipodes de la fracture numérique. Là où le non-connecté est défini par l’absence d’usage de technologies de l’information, le déconnecté, lui, semble baigner constamment dans les réseaux de communication, maintenu en réseau par l’essor d’une informatique ubiquitaire.

Une caractérisation des comportements déconnectés

L’étude DEVOTIC, nous permet de les catégoriser selon des critères liés aux usages mais aussi aux fréquences de ces déconnexions.

Ainsi, en se reposant sur les usages, nous pouvons définir les comportements suivants :

  • Les déconnexions partielles caractérisent les comportements visant à se déconnecter de certains usages (le mail, le sms, le réseautage…) ou de certains services (Google par exemple).
  • Les déconnexions totales caractérisent les comportements visant à se déconnecter de l’ensemble des technologies de l’information de manière plus radicale.

En parallèle peuvent être décrits des comportements déconnectés relatifs à la durée

  • Les déconnexions épisodiques caractérisent les comportements de déconnexion de courte durée, mais répétés à intervalle régulier (exemple : déconnexion le week-end).
  • Les déconnexions temporaires témoignent de comportements plus prolongés mais néanmoins exceptionnels. Ils ne constituent pas une routine comportementale de l’individu mais plus un besoin défini à un instant donné.
  • Les déconnexions permanentes induisent des comportements où le temps de déconnexion n’est plus limité.

Si la déconnexion se révèle être une réaction issue d’un usage connecté, leur multitude de formes invite à penser qu’il existe une diversité de causes liées à ce comportement. Ces causes peuvent varier en fonction des usages, mais aussi de la population étudiée.

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