La déconnexion: phénomène de mode ou fantasme des populations ultra connectées? Une note d’intention.

Cet article est le premier d’une série écrits dans le cadre de mon mémoire de fin d’étude sur la déconnexion volontaire aux TIC. Les thématiques abordées ici seront développées dans les billets à venir. N’hésitez pas à me partager vos impressions et à me faire part de votre avis sur cette thématique.

Définition de la thématique

Dans un monde de plus en plus connecté, voyant la multiplication des services ou des terminaux, une tendance semble émerger parmi les usages du numérique : la déconnexion.


Voguant à contre courant des tendances, ce comportement a pu être médiatisé par le retour d’expérience de Paul Miller, journaliste américain pour le site d’information technologique The Verge, s’étant totalement débranché d’internet  du 30 avril 2012 au 1er mai 2013. Une expérience également vécue en France par Thierry Crouzet, « débranché »  durant une période de 6 mois à partir du 1er avril 2011 et auteur de l’ouvrage J’ai débranché. Si les motivations de cette déconnexion ne sont pas les mêmes (volonté de réappréhender le « réel » d’une part, nécessité clinique d’autre part), elles mettent en lumière un comportement vécu par une partie de la population ultra-connectée.

Or, la démocratisation des usages numériques et notamment l’essor des réseaux sociaux nous conduit à nous demander si cette forme de rejet ne pourrait toucher un public plus large. Quelles en seraient donc les motivations ainsi que les répercussions sur leurs usages ? De plus, si on observe l’impact d’un usage personnel dans l’expression de ce rejet des réseaux, les usages professionnels peuvent également contribuer à la génération de comportements déconnectés.

Et si la déconnexion revêtait également un aspect identitaire ? Au delà de l’aspect thérapeutique que pourrait revêtir ce phénomène, le rejet d’un monde ultra connecté, voguant sur la vague du JOMO[1]. Fin août 2013, le court-métrage intitulé I Forgot My Phone[2] met en opposition vie connectée et vie ultra-connectée dans une série de scènes quotidiennes. Paradoxalement vis à vis de la thématique abordée, cette vidéo est massivement partagée sur les réseaux sociaux, obtenant plus de 34 millions de vues au 1er décembre 2013. Signe d’une démocratisation du concept ?

Eléments de problématique

Nous pouvons donc nous poser la question suivante : la déconnexion est elle un phénomène de mode ou le fantasme des populations ultra-connectées ?

Cette ébauche de problématique nous permet de nous concentrer sur deux approches. Premièrement, le fait que les phénomènes de déconnexion pourraient toucher une population connectée généraliste.

Deuxièmement, cette déconnexion pourrait également être le fantasme d’individus ultra-connectés. Par fantasme, nous pouvons penser à une vision idéalisée d’une existence déconnectée, comme un rejet du réel pour mieux apprécier du virtuel.

Enjeux théoriques

Ce mémoire peut ainsi s’orienter dans une dimension orientée vers la sociologie des usages des technologies de l’information et de la communication, en tentant de proposer une typologie des déconnectés. Cette approche aurait pour effet de pouvoir nuancer le phénomène de déconnexion en fonction des usages,

Une autre approche viserait à envisager les problématiques citées sous l’angle de la réponse à une addiction. Dans la sphère de l’usage personnel et notamment celui des réseaux sociaux, nous pouvons par exemple lier ce comportement en conséquence à des effets tels que le FOMO[3]. La déconnexion pourrait donc être une réponse à un comportement addictif

Enfin, nous pouvons envisager une approche du phénomène de déconnexion sous l’angle des sciences cognitives. Ainsi, la déconnexion pourrait être une conséquence de l’infobésité, notamment dans le cadre professionnel. Cette approche permettrait ainsi de s’intéresser plus particulièrement à une population ultra-connectée.

Première approche du plan

Comment définir les comportements déconnectés ?

Cette première partie viserait à définir les divers types de déconnexions observés. De la déconnexion totale aux réseaux à une déconnexion partielle, n’engageant qu’une partie des usages, quelles seraient les particularités de ces comportements ? Quels types d’usages touchent-ils plus particulièrement ?

La déconnexion est-elle l’affaire de tous ?

Dans cette deuxième partie, l’objectif serait de définir une typologie du déconnecté. Face à l’étendue des motivations pouvant être mises en avant, comment peut-on caractériser ces individus par leur usage,  leur niveau de dépendance aux réseaux.

Une vision fantasmée de la déconnexion ?

La déconnexion, et après ? Cette partie viserait à s’intéresser aux motivations des déconnectés et contrebalancer l’apport de cette expérience par rapport aux attentes. L’objectif serait ici de remettre en cause les bienfaits supposés d’une déconnection et leur impact sur le long terme.

Bibliographie

 

[1] Abréviation de Joy Of Missing Out, en opposition au Fear Of Missing Out.
(source : http://dashes.com/anil/2012/07/jomo.html )

[2] I Forgot My Phone : http://www.youtube.com/watch?v=OINa46HeWg

[3] Abréviation de Fear Of Missing Out : anxiety that an exciting or interesting event may currently be happening elsewhere, often aroused by posts seen on a social media website:
(source : http://www.oxforddictionaries.com/definition/english/FOMO )

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